Romeo Martinez
|
Il nous disait : « Il faut écrire, publier, éditer, … même sur du papier cul. Il faut !»
« Né en 1911 au Mexique, Roméo Martinez fait des études de lettres et d'économie. Après des séjours dans divers pays dont l'Espagne, la Suisse et l'Italie, il obtient en France un diplôme de Sciences Politiques. Dès 1926, il collabore au quotidien L'Excelcior où il assure la sélection iconographique. En 1938, de retour à Paris après un séjour en Espagne, il rencontre Emmanuel Sougez, alors directeur du secteur photo de L'Illustration. Mais c'est après la guerre que sa carrière d'éditeur d'images prend son véritable essor. Responsable de l'illustration photographique de la luxueuse revue suisse Occident, il est également le concepteur de Monsieur, une revue de consommation destinée à l'homme actuel. Il devient en 1953 rédacteur en chef de la célèbre revue d'histoire de la photographie Camera. Cette publication, dont il assure la direction jusqu'en 1974, lui permet de présenter la photographie dans tous ses domaines. Organisateur de la biennale photographique de Venise de 1957 à 1975, il fut aussi directeur de la collection Biblioteck der Photographie, auteur de nombreux livres et organisateur du département iconographique du Centre Georges Pompidou. Parallèlement aux nombreux colloques, expositions et conférences auxquels il participe, il réalise des émissions télévisées sur la photographie en Italie et en France. Ami et confident des grands noms de la photographie, il décède le 13 novembre 1990. »
Sources : la Maison Européenne de la photographie (Paris, France) Photographie © Daniel Legendre |
![]() |
Lettre à mon ami Faustin Niamolo, 26 mars 2014
|
Il y a cinquante-cinq ans qu’il est mort, que nous sommes séparés de lui, qu’il nous manque. Toi et moi étions enfants, toi, l’enfant de tes parents, et moi, son enfant. Toi et moi, nous nous souvenons de ces temps d’incompréhension, de chagrin, de désarroi qui suivirent sa disparition. Nous ne nous connaissions pas en ces temps là mais sûrement, déjà, tous les deux, chacun pour soi, nous nous posions la question : qu’est-il donc arrivé vraiment ? Je te dis cela, comme cela, en mots aussi simples parce que nous deux, et nous savons que nous ne sommes pas seuls, nous posons exactement la même question aujourd’hui alors que les terres de nos pères vivent une telle dévastation : qu’est-il donc arrivé vraiment ? De Bangui où tu habites, tu me dis : « Cherche, cherche d’abord et trouve surtout : que dit-il, lui, de l’unité ? » Tu ajoutes : « Bien sûr, il y a les cinq verbes : nourrir, vêtir, guérir, instruire et loger. Nous ne les oublions pas. » Et tu insistes : « Bien sûr, il y a la devise : UNITÉ, DIGNITÉ, TRAVAIL. Mais, tout d’abord, dis-moi ce qu’il dit, lui, de l’unité, de ce qui nous serait utile de penser aujourd’hui à ce titre-là ? … »
Lettre à mon ami Faustin, par Wamg Boganda (extrait) Photographie © 2008 DA TI M’BETI - Francis Busignies |
![]() |


